Sculptrice et jardinière
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Préface:
Juillet 1978
Tout juste sortie des Beaux-arts de Paris où Michel Charpentier sculpteur prix de Rome m’initie au ciment, j’installe mon atelier sur les terres de Boursay, dans le Perche au nord de Vendôme.
« Ce n’est pas la montagne qu’il faut sculpter, c’est la vertige ». Telle est la leçon retenue du maître.
Passionnée de nature et de paysages, je sculpte mon jardin. Ayant pris le matin énergie dans mon potager, je file à l’atelier, et modèle mes sculptures en ciment, sans intermédiaire.
La malléabilité du ciment permet de modeler en direct et ainsi insuffler la vie à la sculpture. La surface doit être vivante et charnelle. Avec le temps, les mousses et les lichens viendront s’y installer. Elles feront corps avec la nature.
Ce matériau contemporain paradoxal, et si souvent décrié est tendre, il possède la souplesse et la douceur de la terre, il garde l’empreinte de la caresse, et en quelques jours prend la solidité de la pierre. Par les mains la graine semée devient germe et une fois armée d’acier, le germe s’épanouit dans l’espace, devient plante, puis être hybride. Je transmets les émotions qui me traversent, en leur donnant mouvement. Les périodes se succèdent joyeuses ou mélancoliques. Mystiques ou libertines.

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